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Pauvre Art...



J'aimerais tenter ici de répondre à une question, que tu t'es peut-être déjà posé, comme c'est le cas pour moi. Lorsque tu découvres un artiste, n'aimerais-tu pas connaître la racine de sa démarche, de son travail ? Quel a été l'élément déclencheur de sa pratique ? Ses influences ? Est-ce que cela n'aide pas à mieux comprendre son travail et à mieux l'apprécier ? Nous avons souvent besoin, pour nous rassurer, de bien définir les choses, de les placer dans des cases que l'on qualifie de « mouvement artistique » . Ici, je ne m'adresse pas forcément aux initiés, car ils le savent certainement déjà, mais je n'exclus personne pour autant !


Un mouvement artistique est une « catégorie » qui permet de classifier les artistes chronologiquement dans l'Histoire. Des fois, ce sont les artistes qui se catégorisent eux-mêmes, des fois, les institutions. Tu connais certainement les mouvements phare du Cubisme ou de l'Impressionnisme, qui influencent encore aujourd’hui de nombreux artistes. Pour ma part, mes principales influences sont plutôt l'Arte Povera et Supports Surfaces, mais ce dernier, sera l’objet d'un prochain article.

Aujourd'hui, concentrons-nous sur l'Arte Povera.

L'Arte Povera n'est pas un mouvement à proprement parler puisque ses propres acteurs ont refusé de se laisser enfermer dans une définition, rejetant la qualification de mouvement, pour lui préférer celle d’attitude. Être un artiste de l'Arte Povera, c'est, comme son nom l'indique, prôner une pauvreté en se contraignant à utiliser des moyens et des matériaux pauvres comme éléments de composition artistique. C'est aussi savoir défier la société de consommation et privilégier un processus consistant principalement à rendre signifiants des objets insignifiants. Je ne dis pas faire partie de l'Arte Povera, car cela n'est plus possible, aujourd’hui, 60 ans plus tard, où les idées, la société de consommation et l'industrie ont changé.

Les préoccupations actuelles ne sont plus vraiment les mêmes. Nous ne pouvons plus faire abstraction de tous ces matériaux pauvres omniprésents et il faut désormais se poser la question de leur destinée ainsi que celle de leur déconstruction.


D'après moi, il y a de plus en plus d'artistes qui, en quelque sorte et peut-être sans le savoir, sont les « enfants de l'Arte Povera ». Ils voient un potentiel fou dans des objets dits « pauvres » et composent avec trois fois rien des œuvres polémiques qui plaisent ou qui déplaisent.


J'aime me souvenir de débats houleux sur l'art contemporain, où quelqu'un a dit un jour ;


« Dans ce cas, moi aussi, je peux le faire.»

Et tendant le bras vers la bouteille d'eau (ou de vin) la plus proche, s'esclaffe avec dédain ;

« Je prends cette bouteille, je la pose au milieu d'une pièce et voilà, c'est de l'art contemporain ! » Alors, selon toi, cette personne a raison ? Ou bien, au fond, elle ne veut pas vraiment chercher à comprendre ce qu'est l'art contemporain...

Tout ça pour te dire qu'en tant qu’artiste, j'aime « surfer sur la vague » de l'Arte Povera. Le but n'est pas de reprendre mot pour mot leurs questionnements, mais de les faire fructifier, de s'imprégner du passé pour composer l'avenir. Ma manœuvre est de m’interroger sur le futur de ce matériau et une fois jeté, de le remettre en circulation, de le sacraliser, afin d'en éviter la destruction, grâce à un concept, mais aussi ; à l'image de mon autre influence, Supports-Surfaces ; grâce à un résultat qui a toute son importance.


Je t'invites, si tu le souhaites, à aller parcourir les pages de ma collection, Before I was a tree, qui a été le point dé départ de cette influence de l'Arte Povera.

Et si tu la connais déjà, je t'invites à aller découvrir ma toute dernière œuvre en cliquant ici !


La suite, dans le prochain article !




Photo © François-Xavier Laloi

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