Rechercher

Sacraliser les rejets de l'humanité ?


Tu as peut-être déjà eu l’occasion de lire cette phrase, qui est le moteur de ma mission d'artiste; Sacraliser les rejets de l'humanité. Et bien, dans cet article je vais tenter pour toi d'éclairer ce propos.


Je m'explique !


Lorsque je parle de sacraliser, je parle avant tout de vouer un amour pour ces rébus matériels de la société. Cela peut paraître incongru, mais ces matériaux, qui se retrouvent échoués sur la plage, ont eu leur moment de gloire. Ils sont imprégnés d'une histoire, d'un passé qui leur donnent une valeur singulière à mes yeux.


Mais, ces objets me questionnent, car je ne connais pas leur passé, alors j'aime leur inventer une histoire antérieure comme par exemple, une bouée qui aurait permis à quelqu'un d'échapper à la noyade ou bien, un bout marin imprégné de la sueur des pécheurs qui peinent à la tâche.


Malheureusement, arrivé à un certain point, l'usure se fait sentir. Un trou dans la bouée qui pointe le bout de son nez (ou plutôt devrais-je dire, une pointe qui troue le bout de son nez) une corde qui cède à la tempête ; ces objets se retrouvent jetés et oubliés.


Alors, oui, c'est intéressant de se poser la question qu'avant d'être jetés, ils avaient leur place, leur utilité dans le quotidien. Je me dis que si je récupère ces matériaux, ils ne seront alors plus qualifiables de déchets et ils prendront un nouvel élan.



Ce contexte de sacralité consiste donc à redonner une valeur à ce quelque chose devenu inutile. En se faisant et en regardant de nouveau ces objets, j’espère que tu n'y verras plus de simples déchets, mais bien des histoires, des récits, des souvenirs.



Si je peux te donner un exemple, ce serait celui de la fameuse grotte de Lourdes et de ces parois devenues sacrées de part la lumière qui aurait émané de l'apparition de la Sainte Vierge. Ce ne sont que de simples parois de pierre et pourtant, les pèlerins en procession touchent ces parois pour s'imprégner de leurs énergies, façonnant la pierre, la polissant et lui donnant ainsi sa forme actuelle au fil de passages répétés.


Je suis ce pèlerin, qui façonne ces objets récupérés, qui leur voue une sorte de culte en les transposant dans un nouveau contexte, celui d’œuvre d'art. Ils ne redeviennent pas objets, mais bien œuvres et sont disposé sur un piédestal qui leur apporte une pérennité, une valeur et un respect propre aux œuvres d'art. J'aime imaginer ces objets accrochés aux murs, ayant gagnés une place de choix dans le cœur de leur nouvel acquéreur. Le paradoxe est là, être mis à la poubelle et oublié puis disposé sur un mur et encensé.



J'aimerais maintenant te parler tout particulièrement de ma collection des Sutures.

En effet, durant la conception de ces œuvres, j'aime m'imaginer être un chirurgien esthétique qui apporte un soin à la matière. Certaines fois accidentées volontairement par une tiers personne, elle est amenée sur la table d'opération pour subir une intervention de réparation. C'est une façon de prendre soin de ces matériaux qui me sont chers, en tentant de les « sauver » d'une mort certaine.



Au fur et à mesure que j'avance dans l'écriture de ce texte, je me dis que je suis à la limite de ce que l'on pourrait qualifier d'animiste. Et toi, qu'en penses-tu ?



Pour mieux comprendre mon propos, je t'invite à aller découvrir ma toute dernière œuvre de la collection des Sutures, Analepsie, en cliquant ici et à me dire ce que en penses en commentaires !



Photo © Mariane Basile



56 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout